mardi 16 juillet 2013

Un chevalier de Malte à Québec

Croix de Malte - vestige du fort Saint-Louis, Québec
Hôtel Fairmount Château Frontenac
Charles Huault de Montmagny (c1583-c1653) est le premier gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France de 1636 à 1648. Il est issu d'une famille qui remonte au roi Henri Il, dont Jacques Huault était conseiller et secrétaire. Les Huault possédaient un domaine étendu. Ils étaient marquis de Vaires et de Bussy-Saint-Martin (Seine-et-Marne), seigneurs de Bernay, Montmagny et Richebourg (Seine-et-Oise). Élève des Jésuites, Charles Huault entre dans l’ordre de Malte le 3 août 1622. Dix en plus tard, son nom figure parmi les directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France.


Vitrail aux armes de Montmagny
Gare du Palais, Québec
Une pierre gravée d'une croix de Malte est l'un des vestiges des transformations du château Saint-Louis en une forteresse de pierre et de brique qu'ordonna le gouverneur de Montmagny dès son premier mandat. Cette pierre est visible au-dessus d'une des arches du « guichet » de l'hôtel Fairmount Château Frontenac. Le texte qui l'accompagne est à l'origine d'un légendaire prieuré de l'Ordre de Malte en Nouvelle-France.
 
Nous pouvons voir les armoiries de Charles Huault de Montmagny dans la verrière de la gare du Palais. Elles se blasonnent : D'or, à la fasce d'azur chargée de trois molettes d'éperon d'or et accompagnée de trois coquerelles de gueules. Décoration : la croix de Malte pendue à un ruban noir.

samedi 13 juillet 2013

Un célèbre intendant de la Nouvelle-France

Le plus célèbre des intendants de la Nouvelle-France est certainement Jean Talon (1626-1694). Talon reçoit sa commission d’intendant de la Nouvelle-France le 23 mars 1665. Il arrive à Québec le 12 septembre 1665 à bord du Saint-Sébastien, avec le gouverneur général Daniel de Remy de Courcelle et un détachement du régiment de Carignan-Sallières. Jean Talon sera intendant de la Nouvelle-France de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672. Sous administration, la colonie prospéra et il encourage son autosuffisance. Il fut le premier à encourager la culture du houblon et de l'orge et créa ainsi la première brasserie commerciale de la Nouvelle-France, même si son entreprise ne fut pas un succès. Nous lui devons l'arrivée des premières « Filles du Roi » qui permit de tripler la population en seulement quinze ans.
Armoiries de Jean Talon
Vitrail - gare du Palais - Québec

En 1671, Colbert annonce à Talon que les terres qu'il a acquises entre 1667 et 1670, 1667 sont érigées en baronnie des Islets. Son domaine devient le comté d'Orsainville en 1675. Ses héritiers le vendront à Mgr de Saint-Vallier, qui en fait don à l'Hôpital général.

Les armoiries de l'intendant Talon sont visibles dans la verrière de la façade de la gare du Palais de Québec. Le nom de cette gare ferroviaire, construite en 1915, rappelle la présence dans cette partie de la ville du palais des intendants de Nouvelle-France. Où, le Conseil supérieur et la chambre de la Prévôté de Québec agissaient alors comme tribunaux civils, criminels et de premières instances. Le quartier retrouva ces fonctions judiciaires avec la construction du palais de Justice dans les années 1970.

Le vitrail armorié illustrant les armoiries de Jean Talon se blasonne : D'azur, au chevron accompagné de trois épis soutenus chacun d'un croissant le tout d'or.

mercredi 3 juillet 2013

Les armoiries du deuxième maire de Québec

Armoiries attribuées à René-Édouard Caron
Assemblée nationale du Québec
René-Édouard Caron fut le deuxième maire de la ville de Québec (1834-1836 et 1840-1846) et le second lieutenant-gouverneur de la province de Québec (1873-1876). Il est né à Sainte-Anne-de-Beaupré le 21 octobre 1800 du mariage d’Élisabeth Lessard et d’Augustin Caron. Son père était un cultivateur aisé qui fut député à la chambre d’Assemblée du Bas-Canada. Il fut l'un des trois commissaires chargés de la codification des lois civiles du Bas-Canada en 1859. René-Édouard Caron est décédé en fonction le 13 décembre 1876 à Québec.

Lors de la construction du Parlement entre 1877 et 1886, Eugène-Étienne Taché dessina des armoiries au second lieutenant-gouverneur de l'histoire de la province de Québec. Elles ornent le pavillon central de l'aile Grande Allée du Parlement de Québec, au-dessus de la porte du Lieutenant-gouverneur. Elles se blasonnent : D’argent, à la bande d’azur semé de fleurs de lys d’or. Cimier : un heaume grillagé taré de face sommé d'une fleur de lys sur un bourrelle d’azur et d’argent. Devise : Suaviter in modo fortiter in re (douceur dans la manière, fermeté dans l’action.).

Armoiries attribuées à sir Adolphe-Philippe Caron
Manège militaire de Québec
Nous retrouvons ces mêmes armoiries sur la façade du Manège militaire construit par Eugène-Étienne Taché entre 1883 et 1888. Les armoiries sur la tour ouest porte se blasonnent : D’argent, à la bande d’azur semé de fleurs de lys d’or Cimier : un heaume grillagé taré de face sommet d'une fleur de lys. Devise : Suaviter in modo fortiter in re (douceur dans la manière, fermeté dans l’action.)

Ici, Taché attribue les armoiries du lieutenant-gouverneur à son fils, sir Adolphe-Philippe Caron. Né le 24 décembre 1843 à Québec, il est le seul fils survivant de René-Édouard Caron et de Marie-Vénérande-Joséphine DeBlois. Il épouse à Québec, le 25 juin 1867, Alice Baby de Ranville, fille de Charles-François-Xavier Baby de Ranville et de Clotilde Pinsoneault. Il décédera le 20 avril 1908 à Montréal. Député conservateur de la circonscription fédérale de Québec de 1873 à 1891, puis de Rimouski de 1891 à 1896. Il sera le ministre de la Milice et de la Défense de 1880 à 1892. Il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel et Saint-Georges le 25 août 1885.


Armoiries de François Baby de Ranville
Assemblée nationale du Québec
Notons que les armoiries du grand père d'Alice, François Baby de Ranville (1733-1820), figurent sur les boiseries de l'Assemblée nationale. Il fut nommé membre du Conseil exécutif en 1791 et, en 1792, membre du Conseil législatif; ces deux organismes avaient été créés par l’Acte constitutionnel de 1791. En 1794, 1802–1803 et 1806–1807, il siégea comme président du Conseil législatif.
L'ancêtre des Baby, Jacques Baby de Banville, vint au Canada en 1665 comme officier du régiment de Carignan-Salières. En 1670, il épouse Jeanne Dandonneau, fille de Pierre Dandonneau, dit Lajeunesse, sieur Du Sablé, citoyen important de Trois-Rivières qui s’était établi à Champlain vers 1660. Jacques Baby meurt à Champlain le 28 juillet 1688 en 1688, à l’âge d’environ 55 ans, laissant une assez belle fortune. Raymond Baby, le plus jeune de ses 11 enfants, est le père de François Baby.