dimanche 30 décembre 2012

Du duc à la duchesse d'Aiguillon.

D'Aiguillon dans l'histoire de la Nouvelle-France

Les boiseries à l'intérieur de l'hôtel du Parlement de Québec sont ornées des armoiries de personnages de l'histoire de la Nouvelle-France jusqu'aux premières années du parlementarisme sur les rives du Saint-Laurent. Eugène-Étienne Taché attribue des armoiries à la plupart d'entre eux.

Armoiries du 1er duc d'Aiguillon
Assemblée nationale du Québec
Ainsi, nous retrouvons sous le nom D'Aiguillon, les armoiries qui se blasonnent : écartelé, en 1 et 4 : coupé et parti en 3, au premier fascé de gueules et d'argent, au second d'azur semé de lys d'or et au lambel de gueules, au troisième d'argent à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même, au quatrième d'or aux quatre pals de gueules au cinquième parti d'azur semé de lys d'or et à la bordure de gueules, au sixième d'azur au lion contourné d'or, armé, lampassé et couronné de gueules, au septième d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au huitième d'azur semé de croisettes d'or et aux deux bars d'or. Sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent le tout brisé d'un lambel de gueules; en 2 et 3 contre-écartelé en 1 et 4 d'azur, à trois fleurs de lys d'or, à la bordure endentée de gueules et d'or et en 2 et 3 d'azur, à l'aigle d'argent, becquée, languée et couronnée d'or.

Or, la présence du nom d'Aiguillon au Parlement ne se justifie qu'en raison de l'important rôle qu'a joué Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon (1604 - 1675) dans la fondation de l'Hôtel-Dieu de Québec. Fille de René de Vignerot et de Françoise Duplessis (sœur du cardinal de Richelieu), elle fut mariée à Antoine Pont du Roure, marquis de Combalet et neveu du duc de Luynes, pour qui elle conçut une telle aversion que quand il fut tué lors des dernières guerres de religion, de peur que, par quelques raisons d’État, on ne la sacrifiât encore, elle fit vœu de ne jamais se marier et de se faire carmélite. Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France, le cardinal-ministre acheta le duché d’Aiguillon pour sa nièce en 1638. Elle fut dame d’atour de Marie de Médicis. Après la mort du cardinal, elle hérita d’une partie de ses biens, et employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité, dont l'Hôtel-Dieu de Québec.

Armoiries duchesse d'Aiguillon
Vitrail - Hôtel-Dieu de Québec
Les Augustines de la Miséricorde ont bien souligné le rôle de la duchesse D'Aiguillon en ornant l'une des fenêtres du pavillon d'Aiguillon d'un vitrail aux armes de la duchesse. Elles se blasonnent : écartelé en 1 et 4 d'or à trois hures de sanglier de sable; et en 2 et 3, d'argent aux trois chevrons de gueules. L'écu, entourer de l'Ordre des Dames chevalières de la Cordelière, est posé sur un manteau armorié doublé d'hermine et timbré d'une couronne ducale. C'est armoiries ce retrouvent aussi sur la façade de l'entrée du monastère des Augustines.

Nous voilà avec des armoiries qui n’ont rien en commun. Pour trouver qui de Taché ou des Augustines de l'Hôtel-Dieu a raison, nous devons chercher dans l'histoire du duché d'Aiguillon. Elle commence en 1599, lorsque le roi Henri IV érigea les baronnies d'Aiguillon, Montpezat, Sainte-Livrade et Dolmayrac en duché-pairie en faveur d'Henri de Lorraine, fils aîné de Charles de Lorraine, duc de Mayenne, pair de France, et de ses successeurs et ayants cause. En 1632, au décès du troisième duc, sans descendance directe, le duché-pairie est réintégré à la couronne de France.



Armoiries d'Antoine de l'Age.
De Valles, Recueil des armoiries
des pairs de France.
Paris, 1634
Le duché est recréé en 1634, au bénéfice de Antoine de l'Age qui le perdra à la suite de sa disgrâce, en 1635. Le cardinal de Richelieu attribue le duché-pairie d'Aiguillon à sa nièce Marie Madeleine de Vignerot, en 1638. Le duché d'Aiguillon est, à l'origine, l'un des rares titres français transmissibles exceptionnellement par primogéniture sans exclusion des filles. Le titre s'éteint en 1704, au décès de la seconde duchesse. Son neveu, Louis de Vignerot du Plessis (1654-1730), marquis de Richelieu, comte d'Agenois et baron de Québriac, ne portant pas le titre. Il sera rétabli le 10 mai 1731 au profit de son fils, Armand Louis de Vignerot du Plessis (1683-1750), duc d'Aiguillon et comte d'Agenois, pair de France.

En 1800, le quatrième duc d'Aiguillon étant décédé sans postérité, le titre ne se transmettant plus par les femmes, il passe à son cousin le plus proche Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu, duc de Richelieu et Maréchal de France, Président du Conseil des ministres sous Louis XVIII. En effet, le maréchal-duc de Richelieu (1766-1822) était le descendant direct d'Armand-Jean de Vignerot du Plessis de Richelieu (1629-1715), neveu du cardinal et frère de Jean-Baptiste Amador (1632-1662) et de la seconde duchesse Marie-Madeleine Thérèse de Vignerot du Plessis (1636-1704).

Voir la liste des ducs d'Aiguillon pour plus de détail : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_ducs_d'Aiguillon

Le premier duc d'Aiguillon, Henri de Lorraine est né le 20 décembre 1578 à Dijon. Il est le fils aîné de Charles de Mayenne, duc de Mayenne et d'Henriette de Savoie-Villars, fille du maréchal de Villars. Il est ainsi membre de la Maison de Lorraine-Vaudémont, précisément de la branche cadette de la Maison de Guise et du rameau de Mayenne. Il épousa, à Soissons, en février 1599, Henriette de Nevers (1571 - 1601), fille de Louis IV, duc de Nevers et de Rethel, et d'Henriette de Clèves, mais ils n'eurent pas d'enfants. Il est décédé le 20 septembre 1621 à Montauban.


Armoiries de Charles de Lorraine.
De Valles, Recueil des chevaliers de
l'ordre du Saint Esprit
. Paris 1631
Charles de Lorraine portait les armes suivantes : écartelé, en 1 et 4 : coupé et parti en 3, au premier fascé de gueules et d'argent, au second d'azur semé de lys d'or et au lambel de gueules, au troisième d'argent à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même, au quatrième d'or aux quatre pals de gueules au cinquième parti d'azur semé de lys d'or et à la bordure de gueules, au sixième d'azur au lion contourné d'or, armé, lampassé et couronné de gueules, au septième d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au huitième d'azur semé de croisettes d'or et aux deux bars d'or. Sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent le tout brisé d'un lambel de gueules (de Guise); en 2 et 3 contre-écartelé en 1 et 4 d'azur, à trois fleurs de lys d'or, à la bordure endentée de gueules et d'or (Ferrare) et en 2 et 3 d'azur, à l'aigle d'argent, becquée, languée et couronnée d'or (Este). Ce sont les armoiries qui figure sur le panneau à l'hôtel du Parlement de Québec.

Pour sa part, la seconde duchesse d'Aiguillon, Marie-Madeleine Thérèse de Vignerot du Plessis (1636-1704), portait les armes suivantes : écartelé en 1 et 4 d'or à trois hures de sanglier de sable; et en 2 et 3, d'argent aux trois chevrons de gueules, comme en fait foi la reliure de maroquin brun foncé, au pointillé, aux armes de Marie-Madeleine-Thérèse de Vignerot, duchesse d'Aiguillon, dans un médaillon brun clair conservé aux Archives nationales de France.

À défaut de document original prouvant qu'elles sont les armoiries qu'utilisait Marie Madeleine de Vignerot, il est plus probable que, comme l'affirme François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois dans son Dictionnaire de la Noblesse publié en 1876 (vol. 19, p. 737), la première duchesse d'Aiguillon utilisait les armes des Vignerot : d'or à trois hures de sanglier de sable. Toujours est-il que nous pouvons admirer les armes du père du premier duc d'Aiguillon au Parlement de Québec et celles des Vignerot du Plessis-Richelieu, la seconde maison d'Aiguillon à l'Hôtel-Dieu de Québec. 

vendredi 28 décembre 2012

Les armoiries de la ville Montréal

Armoiries de la ville de Montréal
Assemblée nationale du Québec
Sur la façade du parlement de Québec, les avant-corps encadrant la tour centrale sont dédiés à Samuel de Champlain, fondateur de Québec, et Paul Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal. Voici l'histoire des armoiries qui surmontent la statue du fondateur de Montréal. 

Armoiries de la ville de Montréal
Bibliothèque - Assemblée nationale
du Québec
Les armoiries de la ville de Montréal furent dessinées par son premier maire, Jacques Viger. Le Conseil municipal de Montréal les adopta, le 19 juillet 1833. Elles se blasonnent : d’argent au sautoir de gueules cantonné en chef d’une rose au naturel, à dextre d’un chardon au naturel, à senestre d’un trèfle au naturel et en pointe d’un castor au naturel. Sur la façade du parlement, deux anges supportent l'écu timbré d'une couronne royale. Ces armoiries sont reprises dans le vitrail de la bibliothèque de l'Assemblée nationale avec la devise « Concordia Salus » inscrite dans une jarretière d'azur à la boucle d'or. Les meubles représentent les quatre principales origines des Montréalais soit, la rose pour les Anglais, le chardon pour les Écossais, le trèfle pour les Irlandais et le castor pour les Canadiens français.

Armoiries - ville de Montréal
Archives ville de Montréal
Le 21 mars 1938 est adoptée la version actuelle des armoiries, après leur modification par Conrad Archambault, archiviste en chef de la Ville de Montréal, afin de les rendre conformes aux règles de l’héraldique. C'est à cette occasion que la fleur de lys remplace le castor.

Les armoiries de la ville de Montréal se blasonnent : d'argent à une croix de gueules; cantonnée au premier d'une fleur de lys d'azur; au deuxième d'une rose de gueules tigée, feuillée et pointée de sinople; au troisième d'un chardon du même, fleuri de pourpre; au quatrième d'un trèfle de sinople. L'écu, timbré d'un castor couché sur écot au naturel, est entouré d'un rinceau de feuilles d'érable de sinople, et de la devise « CONCORDIA SALUS » sur un listel d'argent.

mardi 18 décembre 2012

Les armoiries de la ville de Québec

Armoiries officieuses de la ville de Québec
Hôtel du Parlement de Québec
Sur la façade du parlement de Québec, les avant-corps encadrant la tour centrale sont dédiés à Samuel de Champlain, fondateur de Québec, et Paul Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal. Voici l'histoire des armoiries surmontant la statue de Champlain.
Archives de la ville de Québec
Sceau de la ville de Québec 1833-1949

Jusqu'en 1949, la ville de Québec n'a pas d'armoiries proprement dites. En fait, le premier conseil municipal adopta en 1833 un sceau de la composition du sculpteur Joseph Légaré. Ce sceau s'inscrit plus dans la tradition héraldique américaine.

Armoiries officieuses de la ville de Québec - vitrail
Bibliothèque - Assemblée nationale du Québec
Il sera utilisé jusqu’à l’adoption des armoiries dessinées par l’héraldiste Maurice Brodeur. Toutefois, Taché et d’autres héraldistes choisissent un détail du sceau, le bouclier sur lequel s’appuie la déesse de l’Abondance, comme armoiries représentatives de la capitale. Ainsi, sur la façade du parlement, les armoiries au-dessus de la statue de Champlain se blasonnent : de gueules, au léopard couronné d’or tenant dans sa dextre une clef du même. Comme pour les armoiries de Montréal, deux anges supportent l'écu timbré d'une couronne royale. 


Nous retrouvons ces armoiries officieuses de Québec dans le vitrail de la bibliothèque de l’Assemblée nationale. Elles se blasonnent : de gueules au léopard couronné et tenant dans sa dextre une clef d'or à la bordure cloutée d'or. L'écu est timbré d'une couronne murale. Cette interprétation du sceau de la ville de Québec est visible sur le manège militaire de la Grande Allée, l'ancien édifice des postes et la gare du Palais sur la rue de la Gare et même incrustée dans le pavement en terrazzo du vestibule du Palais Montcalm.

Armoiries Vile de Québec 1949
Vitrail Gare du Palais

En 1945, le maire Lucien Borne invite l'héraldiste Maurice Brodeur à créer de nouvelles armoiries plus conformes à l'art héraldique. Elles illustrent la fondation de Québec avec la caravelle de Champlain et surtout par la nouvelle devise : « Don de Dieu feray valoir », qui rappelle le nom navire sur lequel Champlain traversa à mainte reprise l'Atlantique entre la France et la Nouvelle-France. Ces armoiries furent adoptées par le conseil municipal en 1949.


Armoiries de la ville de Québec
Salle du conseil municipale
Le 20 septembre 1988, la ville de Québec devient la première institution canadienne à recevoir des armoiries concédées par l'Autorité héraldique du Canada. Reprenant celles de Brodeur, elles se blasonnent : d'azur à la champagne burelée-ondée d'argent et d'azur sommée d'un navire ancien voguant à pleines voiles d'or, au chef de gueules bordé d'or et chargé de deux clés d'or passées en sautoir, à la feuille d'érable de sinople brochante sur les clés, l'écu timbré d'une couronne murale maçonnée de sable et ajourée de gueules, et pour devise DON DE DIEU FERAY VALOIR.

mardi 11 décembre 2012

Les armoiries du dernier gouverneur général de la Nouvelle-France

Armoiries des Rigaud de Vaudreuil
Assemblée nationale du Québec

La famille du dernier gouverneur général de la Nouvelle-France

Parmi les armoiries sur la façade de l'Assemblée nationale du Québec nous remarquons celle des Rigaud de Vaudreuil. Les armoiries du dernier gouverneur de Nouvelle-France permettent de souligner la contribution de cette famille à notre histoire.
Les Rigaud appartenaient à la vieille noblesse de province du Languedoc. Le fief de Vaudreuille, d’où ils tenaient leur titre, était situé dans la sénéchaussée de Lauragais, près de Toulouse. Ils en étaient devenus propriétaires par mariage au XIIe siècle. Vers la fin du moyen âge, il semble qu’ils aient connu à la fois la richesse et le prestige, mais, au fur et à mesure qu’ils perdaient l’un ou l’autre de leurs nombreux domaines, ils rentraient dans l’obscurité de la noblesse provinciale. Jean-Louis de Rigaud, le grand-père du dernier gouverneur de la Nouvelle-France, avait le grade de cornette dans l’armée française, et commandait également l’arrière-ban de sa sénéchaussée. On ignore tout de son épouse, Marie de Chateauverdun, sinon qu’elle aussi appartenait à la noblesse. Le couple eut cinq filles et cinq garçons. Deux des cinq frères, Antoine et François-Aimé, entrèrent dans les ordres. Les trois autres, le premier-né, Arnaud, Philippe l’aîné, et Philippe choisirent la carrière des armes. Arnaud devint capitaine d’une des compagnies de chevau-légers du roi en 1668. Philippe l’aîné commença par être mousquetaire, et finalement obtint le grade de capitaine des gardes françaises. Philippe fut, lui aussi, mousquetaire à partir de 1672, et le demeura pendant 15 ans. Avant de migrer en Nouvelle-France en 1687 comme commandant des troupes au Canada.
Philippe de Rigaud de Vaudreuil, marquis de Vaudreuil est né vers 1643 près de Revel, sans doute au château familial. Il fut le gouverneur de Montréal de 1689 à 1703, puis le gouverneur général de la Nouvelle-France de 1703 à 1725. Il reçoit en 1698 la croix de Saint-Louis. En 1712, il est promu commandeur et en 1721, il est fait grand-croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il meurt à Québec le 10 octobre 1725. Le 21 novembre 1690, il épouse Louise Élisabeth de Joybert de Soulanges, fille de Pierre de Joybert de Soulanges et de Marie-Françoise Chartier de Lotbinière, l'une des familles les plus puissantes de la colonie. Des douze enfants nées de cette union, soulignons :
1. - Louis-Philippe, marquis de Vaudreuil, est né à Québec le 26 septembre 1691. Il fut lieutenant-général des armées navales françaises. Il fut fait grand-croix de Saint-Louis en 1756. Il meurt à Tours le 27 novembre 1763.
2. - Philippe Antoine, baron de Vaudreuil, né à Québec le 30 mars 1693. Il était colonel dans l'armée lorsqu'il fut tué au siège de Prague le 5 septembre 1742, et fut inhumé aux Augustins de la ville de Prague.
3. - Jean de Rigaud, vicomte de Vaudreuil, né à Québec le 23 janvier 1695, rejoint le rang des mousquetaires en 1710. Il devient lieutenant-général des armées du roi en 1748 et fut fait grand-croix de Saint-Louis en 1755. Il meurt à Paris le 10 octobre 1780 et est inhumé dans l'église Saint-Sulpice.
4. - Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil-Cavagnial, est né à Québec le 22 novembre 1698. En 1730, il reçoit la croix de Saint-Louis. Il devient gouverneur de Trois-Rivières de 1733 à 1742. Il est nommé ensuite gouverneur de la Louisiane de 1742 à 1755. Il est le dernier gouverneur de la Nouvelle-France, de 1755 jusqu'à la reddition de Montréal en 1760. Acquitté des accusations qui pesaient contre lui dans l'Affaire du Canada, en réparation des préjudices subis, le roi Louis XV le fait grand-croix de l'Ordre de Saint-Louis et lui offre une compensation sous la forme d'un supplément de rentes de 6000 livres. Il décède à Paris le 4 aout 1778.
Armes des Rigaud de Vaudreuil
- illustration Louise Martel

8. - François-Pierre de Rigaud, connu dans notre histoire sous le nom de M. de Rigaud, né à Montréal le 8 février 1703, fut le dernier gouverneur de Montréal sous le régime français. Il sera fait chevalier de Saint-Louis en 1738. Il décède au château de Collier le 24 aout 1779.
10. - Joseph-Hyacinthe, comte de Vaudreuil, né à Québec le 21 juin 1706, fut gouverneur de Saint-Domingue (Haïti) et décède à Paris le 30 octobre 1764. Il est fait chevalier de Saint-Louis en 1739, et promu commandeur de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1757.
Les armoiries des Rigaud de Vaudreuil se blasonnent : d’argent, au lion de gueules à la queue léopardée couronné du même.

dimanche 9 décembre 2012

73e anniversaire des armoiries du Québec

En ce 9 décembre 1939, le gouvernement d'Adélard Godbout adopte un décret fixant les nouvelles armoiries de la province. Elles remplacent et surtout corrigent celles concédées par la reine Victoria en 1868.
Une loi du parlement britannique créa le dominion du Canada et divisait l'ancien Canada-Uni en deux provinces : l'Ontario et le Québec. C'est dans la logique de ces créations, que la reine Victoria concéda des armoiries aux nouvelles provinces. Celles du Québec se blasonnaient : « D’or à la fasce de gueules chargé d’un léopard d’or armé et lampassé d’azur, accompagné au chef de deux fleurs de lys d’azur et à la pointe d’une branche d’érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ. »
Ces armoiries soulignaient la présence française par les fleurs de lys d'azur, la domination britannique par le léopard de Grande-Bretagne, et les feuilles d'érable, comme un symbole propre au Haut et au Bas-Canada. Mais voilà, des fleurs de lys bleu n'ont aucun lien avec la France que les pionniers de la Nouvelle-France ont connue. Les héraldistes de sa gracieuse majesté craignaient-ils de déplaire à la France de Napoléon III en reprenant les armes des rois de France? Ou, pensaient-ils qu'en vertu de l'abandon, le 1er janvier 1801, par le roi George III des prétentions des rois d'Angleterre à la couronne de France, ils ne pouvaient plus utiliser les fleurs de lys d'or dans les armoiries d'une colonie d'Amérique? Toujours est-il qu'il fallut attendre les années 1930 pour qu'à la suite de diverses propositions, le gouvernement du Québec se dote d'armoiries reflétant l'histoire politique de la province et surtout plus conforme aux règles de l'héraldique.


Armoiries du Québec (1868)
Assemblée nationale du Québec
Ces nouvelles armoiries, dessinées par Maurice Brodeur, furent adoptées sans avoir recours aux autorités britanniques. Elles se blasonnent : Tiercé en fasce; d'azur, à trois fleurs de lys d'or; de gueules, à un léopard d'or, armé et lampassé d'azur; d'or, à une branche d'érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ. Timbré de la couronne royale. Sous l'écu, un listel d'argent bordé d'azur portant la devise JE ME SOUVIENS du même.
Voilà un écu qui raconte les trois âges de l'histoire du Québec : la Nouvelle-France (fleurs de lys or sur fond bleu), le régime britannique (léopard or sur fond rouge) et la période canadienne (rameau de feuilles d'érable).
L'édifice du Parlement de Québec conserve les traces de l'évolution des armoiries du Québec, puisque Eugène-Étienne Taché profitera de toutes les occasions pour marquer des armes du Québec les murs et même les plafonds de l'édifice. Il est intéressant de noter ici que sous la plume de l'architecte, le léopard d'Angleterre est devenu un lion passant au naturel. Était-ce une manière de protester contre le non-respect des armes de France dans les armoiries de la province?

dimanche 25 novembre 2012

Football héraldique

Des photographies du match entre le Rouge et Or de l'Université Laval et les Marauders de McMaster soulignent de manière non équivoque le caractère identitaire de l'héraldique dans le milieu universitaire. Les formations sportives des différentes universités ont des logos bien « moderne », mais, sur le terrain c'est avec la bannière aux armes de leur université que chaque équipe entre dans le stade. Voilà une belle occasion de présenter les armoiries de ces deux universités!

Les armoiries de l'Université Laval sont : « De gueules à la croix d'or chargée de cinq coquilles d'azur et cantonnée de seize alérions d'argent ». Ces armoiries, adoptées en 1951, indiquent la filiation spirituelle entre le premier évêque de Québec et l'université Laval.
Elles reproduisent, en inversant les couleurs, les armoiries de Monseigneur François de Montmorency-Laval qui se blasonne : d'or, à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize alérions sans bec ni pattes d'azur. Ces armoires rappellent les victoires des ancêtres du premier évêque de la Nouvelle-France.
L'origine de l'Université Laval remonte à 1663 avec la fondation du Séminaire de Québec par François de Montmorency-Laval. D'abord vouée à la formation du clergé catholique, elle ouvrira ses portes aux professions libérales après la Conquête de 1759. L'institution acquiert son statut d'université en vertu d'une charte royale octroyée par la reine Victoria le 8 décembre 1852.
 
Les armoiries de la McMaster University sont : d’argent à une aigle de gueules becquée, membrée et chargée sur la poitrine d’une croix latine fleuronnée, le tout d’or, au chef d’azur chargé d’un livre ouvert au naturel relié de gueules, aux fermoirs d’or, accosté de deux feuilles d’érable du même. Elles ont été concédées et consignées dans les archives de la Cour du Roi d’armes Lord Lyon, Édimbourg, Écosse, le 20 octobre 1930.
L'histoire de la McMaster University commence dans les années 1830 par le travail éducatif entrepris par les baptistes du centre du Canada. Nommée en l'honneur du sénateur William McMaster (1811-1887), qui a légué des fonds substantiels pour doter « d'une école chrétienne de l'apprentissage », l'Université a été constituée en vertu d'une loi de l'Assemblée législative de l'Ontario en 1887. La nouvelle université (logé dans McMaster Hall de Toronto) a offert des cours en arts et en théologie. En 1930, l'Université a déménagé de Toronto à Hamilton.

En reprenant les emblèmes aviaires de ces deux universités, nous pouvons conclure que les alérions de Laval ont vaincu l'aigle de McMaster par 37-14 lors de la finale du football de la ligue de Sport interuniversitaire canadien (SIC), établissant ainsi un record de tous les temps avec une septième conquête de la Coupe Vanier.

mercredi 21 novembre 2012

Personnage mystère no 1 - la solution 5/5

Indice 4

Le 23 mars 1665, Talon reçoit sa commission d’intendant de la Nouvelle-France. Le 24 mai, il fait voile vers la Nouvelle-France à bord du Saint-Sébastien, en compagnie de Daniel de Remy de Courcelle, gouverneur général de la Nouvelle-France de 1665 à 1672, et d'un détachement du régiment de Carignan-Sallières. Les armoiries du gouverneur de Courcelle, il omettait le « s » à la fin de Courcelles, se retrouve sur un sceau aux archives à Montréal et sur un tableau du frère Luc « L'Ange-Gardien » 1671, maintenant au musée national des beaux-arts du Québec. Les Remy de Courcelles sont originaires de Normandie.
 
Remarqué que selon l'Armorial de France (armorialdefrance.fr) des armes semblables furent portées par Guillaume de Patay (Orléanais) et les Bailleul originaires de Bailleul-en-Vimeu (Picardie).

mardi 20 novembre 2012

Personnage mystère no 1 - la solution 4/5

Indice 3

Durant les années qu’il occupa la charge d'intendant du Hainaut, il mérita souvent les éloges de Mazarin pour son zèle et sa compétence. C'est ce même Mazarin, premier ministre de la régente Anne d'Autriche, qui avait beaucoup d'estime pour Omer Talon, avocat général au parlement de Paris, et cousin de notre intendant.

lundi 19 novembre 2012

Personnage mystère no 1 - la solution 3/5

Indice 2

Vers l’âge de 28 ans, il entre dans l’administration militaire : commissaire des guerres en Flandre et intendant de l’armée de Turenne en 1653, il est commissaire du Quesnoy en 1654. En 1655, il devient intendant du Hainaut. Il participe à la fortification de la ville de Quesnoy pour laquelle il recevra beaucoup de reconnaissance. Il y occupe la fonction d'intendant jusqu'à sa nomination comme intendant de la Nouvelle-France en 1665.

dimanche 18 novembre 2012

Personnage mystère no 1 - la solution 2/5

Indice 1

Jean Talon est né en Champagne à Châlons-en-Champagne. Il y fut baptisé le 8 janvier 1626. Son père, Philippe Talon, et sa mère, Anne de Burry, eurent 12 enfants dont trois tinrent des fonctions administratives. Outre Jean, son frère Claude sera intendant d'Oudenarde et François sera avocat au Parlement et secrétaire du parlementaire Mathieu Molé.
 
 

samedi 17 novembre 2012

Personnage mystère no 1 - la solution 1/5

Comme ce jeu en est à sa première expérience avec l'histoire du Québec, je ne vous ferais pas languir plus longtemps pour vous révéler la solution aux énigmes de ce premier jeu mystère héraldique. Certains m'ont confié que le jeu leur avait permis de développer leur méthode de recherche dans les armoriaux en ligne. Ils ont même découvert des armoiries semblables à l'un des indices!
 
Voici donc le moment de dévoiler la première énigme de la série « Personnage mystère de l'histoire du Québec ».
 
Comme plusieurs d'entre vous l'ont deviné, il s'agit de Jean Talon qui fut intendant de la Nouvelle-France de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672. Il est le premier intendant à venir sur les rives du Saint-Laurent. Sous administration, la colonie prospéra et il encourage son autosuffisance. Il fut le premier à encourager la culture du houblon et de l'orge et créa ainsi la première brasserie commerciale de la Nouvelle-France, même si son entreprise ne fut pas un succès. Nous lui devons l'arrivée des premières « Filles du Roi » qui permit de tripler la population en seulement quinze ans.

 
Portrait de Jean Talon, par Claude François
(dit frère Luc), huile, 72,7 x 59,3 cm. 1671.
Monastère des augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec, Québec.





samedi 10 novembre 2012

Voici un nouvel indice pour découvrir la personnalité mystère : Avant de venir en Nouvelle-France, il occupa des fonctions similaires en Wallonie.

vendredi 9 novembre 2012

Un sénateur comte d'Empire au Parlement de Québec

Un sénateur comte d'Empire au Parlement
Armoiries de Tracy
Assemblée nationale du Québec
Le Parlement de Québec est un véritable armorial des personnages de l'histoire du Québec. Sur la seule façade de l'Assemblée nationale du Québec nous recensons 24 armoiries. Les autres façades de l'édifice sont ornées des armoiries de six lieutenant-gouverneurs de la province.  À l'intérieur, plus de 80 armoiries ornent les lambris, les murs et des vitraux dans les aires publiques, ainsi que les salles des séances du Conseil législatif et de l'Assemblée législatives.

Parmi ces armoiries, certaines piquent la curiosité par leur facture et leur apparente incongruité dans l'armorial de notre histoire.
Alexandre de Prouville de Tracy
Le premier cas concerne les armoiries apparaissant sous le listel au nom de «Tracy».  Comme elles s'inscrivent dans le groupe de quatre gouverneurs de la Nouvelle-France, il est logique de pensé qu'il s'agit d'Alexandre de Prouville de Tracy, seigneur de Tracy-le-Val et de Tracy-le-Mont (Picardie). Il est né vers 1596 (ou 1603), probablement de Pierre de Prouville, sergent-major de la citadelle d’Amiens, et de Marie Bochart de Champigny. Il est mort à Paris en 1670. En novembre 1663, il est nommé lieutenant général de l’Amérique Méridionale et Septentrionale, avec la double mission de déloger les Hollandais des Antilles et, au Canada, de porter la guerre jusque dans les foyers des Iroquois pour les exterminer entièrement. Après une vigoureuse campagne aux Antilles, Tracy arrive à Québec le 30 juin 1664. Jusqu'à son départ le 28 août 1667, son action avec les troupes du régiment de Carignan-Salière et les milices de Ville-Marie contres les Iroquois en fait l'un des sauveurs de la colonie. Il est aussi intéressant de savoir que Tracy avait un fils, Charles-Henri, tué au siège de Landrecies en 1655, et une fille d'un premier mariage contracté avant 1630. Le 15 avril 1657, il avait épousé en secondes noces, à Saint-Eustache de Paris, Louise de Fouilleuse. (voir plus de détails dans l'article du DBC www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=534)
Armoiries de Prouville de Tracy
Gare du Palais à Québec

Une eau-forte sur papier de Jean Lenfant présente le marquis de Tracy en 1660, avec ses armoiries qui se blasonne : De sinople, à la croix engrêlée d’argent, l'écu sommé de la couronne de marquis, entouré de la devise «In hoc signo vinces». E.-Z. Massicotte et Régis Roy confirment ces armoiries dans l'Armorial du Canada-français de publié en 1915. 
Armoiries de Destutt de Tracy
Pourtant, l'écu sous le nom de Tracy se blasonne : écartelé : au 1 d'azur, chargé d'un miroir d'or où se mire un serpent d'argent ; aux 2 et 3 d'or au cœur de gueules ; au 4 palé d'or et de sable de six pièces. De toute évidence, nous sommes devant les armoiries d'une autre personne.

Ce qui pique la curiosité de ces armoiries est certainement le miroir au serpent sur champ d'azur en premier quartier. Voici un meuble caractéristique de l'héraldique napoléonienne. Sous l'Empire, les armes de la noblesse d'Empire étaient chargé d'élément codifié obligatoire selon le titre et le rang. Aussi les comtes ministres portaient : un franc-quartier ou un canton d'azur, chargé d'une tête de lion arrachée d'or, alors que le franc-quartier des comtes maires était chargé d'une muraille d'or et les comtes sénateurs portaient le miroir au serpent retrouver sur la façade du Parlement de Québec. 
Mais alors, qui est ce comte sénateur de l'Empire français de Napoléon 1er ?

Au hasard d'une recherche, je découvre dans le 2e arrondissement de Paris une rue de Tracy ouverte en 1782 sur les dépendances de l'hôtel d'Antoine Louis Claude Destutt, comte de Tracy (1754-1836). Moi qui pensait que la ville de Paris avait honoré le héros de la Nouvelle-France.
Une recherche sur ce comte de Tracy, m'apprends que il fut un philosophe et homme politique français. Issu de la famille de Stutt, famille noble originaire d’Écosse, il était le fils de Claude-Louis-Charles Destutt, marquis de Tracy, militaire de carrière mort en 1766 des suites de blessures reçues à la bataille de Minden.  Député de Moulins aux États généraux, il l'un des premiers de son ordre à se rallier au tiers état lors de la nuit du 4 août 1789.  Arrêté comme suspect, le 2 novembre 1793. il profite de ses onze mois de prison pour s'initier à la philosophie sensualiste de Locke et de Condillac, mettant au point sa propre doctrine. En 1799, il est nommé membre du Conseil d'instruction publique. Il défend la définition de l'« idéologie » comme étude de la pensée, étymologiquement «science des idées », refusant le mot « psychologie », qui fait trop explicitement référence à la notion d'âme.  Après le 18 brumaire, il est nommé l'un des trente premiers sénateurs. Au Sénat conservateur, il est le chef des « idéologues » méprisés par Napoléon Ier, qui le fait quand même comte d'Empire.  Son œuvre a une influence réelle sur les philosophes et économistes du XIXe siècle.  Louis XVIII l'appela à la Chambre des pairs en 1814.
Cette même recherche m'apprends surtout qu'à titre de comte sénateur, ses armes portaient le miroir au serpent et qu'elles correspondent en tout point à celle sur la façade du Parlement.

Mais alors, que fait ce comte d'Empire sur la façade de l'Assemblée nationale du Québec ?

Il est probable que Taché que ai présumé que ce comte d'Empire était un descendant du lieutenant général de la Nouvelle-France.

Photographie : Marc Beaudoin, armoiries : Louise Martel

mercredi 7 novembre 2012

Plusieurs d'entre-vous trouvez difficile l'identification du personnage mystère et des indices héraldiques. Alors, voici un indice complémentaire pour vous mettre sur la bonne piste.

L'un des écus arbore les armes du gouverneur qui l'accompagna en Nouvelle-France.

Personnage mystère no 1

Ce jeu reprend un concours du blog «Héraldique européenne… le blog» (www.heraldique.org) mais sur fond d'histoire du Québec et d'héraldique. Les participants y gagnent le plaisir de confronter leurs connaissances aux énigmes soumises et de découvrir de manière ludique des personnages, des armoiries qui racontent notre histoire de la Nouvelle-France à nos jours.

Le jeu consiste à découvrir un personnage historique, dont le portrait a été maquillé, à partir de quatre armoiries, en rapport avec sa vie. Ces armoiries ne sont pas celles du personnage mystère, mais celles de lieux, d'organisations, d'hommes ou de femmes qui d'une manière ou d'une autre ont un rapport historique direct avec lui.

Bien entendu, il faut non seulement identifier le personnage mystère (très connu), mais aussi les quatre indices qui l'accompagnent (certains peuvent être plus durs à trouver que d'autres).

N'hésitez pas à participer, même si vous n'avez pas toutes les réponses.
 
 

Indice 1

 
 

Indice 2


 

Indice 3


 

Indice 4